<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel rdf:about="http://groupe.bienveillantes.gayattitude.com/"><link>http://groupe.bienveillantes.gayattitude.com/</link><title>Aux amateurs (trices) de Littell père et fils</title><description>Aux amateurs (trices) de Littell père et fils</description><language>fr</language><webMaster>webmaster@gayattitude.com</webMaster><lastBuildDate>Sat, 15 Dec 2007 19:41:19 +0100</lastBuildDate><pubDate>Sat, 15 Dec 2007 19:41:19 +0100</pubDate><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://blog.encolpe.gayattitude.com/20070911201145/central-europe/" /><rdf:li rdf:resource="http://blog.princejean.gayattitude.com/20070311131902/sarkozy-se-moque-de-la-princesse-de-cleves-beigbeder-repond/" /></rdf:Seq></items></channel><item rdf:about="http://blog.encolpe.gayattitude.com/20070911201145/central-europe/"><title>[encolpe] CENTRAL EUROPE</title><description>

CENTRAL EUROPE : Symphonie pour le libre-arbitre


Trente ans après « Un tombeau pour Boris Davidovitch » de Danilo Kis , William T. Vollmann publie « Central Europe » en affichant la référence en dédicace et en reprenant la vision kaleïsdocopique pour s'attacher cette fois aux deux totalitarismes, ceux de l'Allemagne nazie et de la Russie stalinienne.

Central Europe est une suite habilement connectée d'histoires,  de récits, de portraits d'allemands, de russes, militaires, généraux, artistes, peintre, cinéaste ou compositeur, tous plus ou moins réels parfois tout à fait du domaine fictionnel. Sans condamnation morale, sans exhibitionnisme, le livre peint la façon dont ces hommes et femmes ont réagi aux situations impossibles de l'époque du « somnambule » et du « réaliste », leur caoacité à se créer un peu d'espace pour respirer et survivre ,fût-ce au prix de leur honneur.

On y croise Kähe Kollwitz sculpteur allemande émouvante et manipulée, Paulus le général allemand fidèle au fürher jusqu'à la reddition. Son pendant russe le général Vlassov héros des premiers combats ,passé au camp opposé, Kurt Gerstein le nazi paradoxal plongé dans la machine infernale , qui rêve de révéler au monde l'horreur de la solution finale et se consume de son impuissance. Au dessus de cette fourmilière plane l'histoire du triangle amoureux ,Roman Karmen le cinéaste, Dimitri Chostakovitch le compositeur et Elena Konstantinovskaïa .La belle Eléna que tous convoitent est le personnage positif colonne  vertébrale du livre : elle est l'Europe.

Chostakovitch en est le personnage emblématique. Toujours enclin à dire non il n'est jamais capable de le prononcer. Il inscrit sans cesse des références subversives dans ces compositions de commande. Va jusqu'à y inclure des musiques juives en hommage aux victimes du stalinisme . Fait pour finir allégeance au Parti : reddition ou ultime pied de nez pour que survive et se libère son œuvre ? Le magnifique chapitre « Opus 110 » est le sommet du livre.
Ce livre profondément humain, qui est aussi une réflexion sur la place de l'art et de l'artiste  est avant tout une symphonie au libre-arbitre, dût-il s'accomplir dans le pires actes…

Symphonie car ce tour de force littéraire doit beaucoup à la forme musicale : moments calmes , déchaînements d'orchestre, douces cordes, envolées baroques, tonnerres de cuivres. Les références musicales sont nombreuses  non seulement à la musique de Chostakovitch dans la partie russe ,mais à celle de Wagner pour la partie allemande , en particulier à Parsifal et au Ring . Déjà en exergue le mot de Chostakovitch  résumait ce livre : 

          « La majorité de mes symphonies sont des pierres tombales »
                                                          
                                                                                                            Celles des héros ,des traîtres, des monstres, des artistes ,des hommes libres…
    
</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/n/encolpe/20071023-1446145972471dee29d85d4.jpg" width="240" height="240" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<br />
CENTRAL EUROPE : Symphonie pour le libre-arbitre<br />
<br />
<br />
Trente ans après « Un tombeau pour Boris Davidovitch » de Danilo Kis , William T. Vollmann publie « Central Europe » en affichant la référence en dédicace et en reprenant la vision kaleïsdocopique pour s’attacher cette fois aux deux totalitarismes, ceux de l’Allemagne nazie et de la Russie stalinienne.<br />
<br />
Central Europe est une suite habilement connectée d’histoires,  de récits, de portraits d’allemands, de russes, militaires, généraux, artistes, peintre, cinéaste ou compositeur, tous plus ou moins réels parfois tout à fait du domaine fictionnel. Sans condamnation morale, sans exhibitionnisme, le livre peint la façon dont ces hommes et femmes ont réagi aux situations impossibles de l’époque du « somnambule » et du « réaliste », leur caoacité à se créer un peu d’espace pour respirer et survivre ,fût-ce au prix de leur honneur.<br />
<br />
On y croise Kähe Kollwitz sculpteur allemande émouvante et manipulée, Paulus le général allemand fidèle au fürher jusqu’à la reddition. Son pendant russe le général Vlassov héros des premiers combats ,passé au camp opposé, Kurt Gerstein le nazi paradoxal plongé dans la machine infernale , qui rêve de révéler au monde l’horreur de la solution finale et se consume de son impuissance. Au dessus de cette fourmilière plane l’histoire du triangle amoureux ,Roman Karmen le cinéaste, Dimitri Chostakovitch le compositeur et Elena Konstantinovskaïa .La belle Eléna que tous convoitent est le personnage positif colonne  vertébrale du livre : elle est l’Europe.<br />
<br />
Chostakovitch en est le personnage emblématique. Toujours enclin à dire non il n’est jamais capable de le prononcer. Il inscrit sans cesse des références subversives dans ces compositions de commande. Va jusqu'à y inclure des musiques juives en hommage aux victimes du stalinisme . Fait pour finir allégeance au Parti : reddition ou ultime pied de nez pour que survive et se libère son œuvre ? Le magnifique chapitre « Opus 110 » est le sommet du livre.<br />
Ce livre profondément humain, qui est aussi une réflexion sur la place de l’art et de l’artiste  est avant tout une symphonie au libre-arbitre, dût-il s’accomplir dans le pires actes…<br />
<br />
Symphonie car ce tour de force littéraire doit beaucoup à la forme musicale : moments calmes , déchaînements d’orchestre, douces cordes, envolées baroques, tonnerres de cuivres. Les références musicales sont nombreuses  non seulement à la musique de Chostakovitch dans la partie russe ,mais à celle de Wagner pour la partie allemande , en particulier à Parsifal et au Ring . Déjà en exergue le mot de Chostakovitch  résumait ce livre : <br />
<br />
          « La majorité de mes symphonies sont des pierres tombales »<br />
                                                          <br />
                                                                                                            Celles des héros ,des traîtres, des monstres, des artistes ,des hommes libres…<br />
    <br />
]]></content:encoded><link>http://blog.encolpe.gayattitude.com/20070911201145/central-europe/</link><dc:creator>encolpe</dc:creator><dc:date>2007-09-11T20:11:45+01:00</dc:date></item><item rdf:about="http://blog.princejean.gayattitude.com/20070311131902/sarkozy-se-moque-de-la-princesse-de-cleves-beigbeder-repond/"><title>[PrinceJean] Sarkozy se moque de 'la princesse de Cleves' ... Beigbeder répond !</title><description>

A quoi sert la princesse de Clèves?

C'était il y a un an, autant dire un siècle dans l'ère du vite et du vide. La maladie qui décrit le mieux notre époque, métaphoriquement, c'est celle d'Alzheimer. Nous sommes programmés pour oublier notre passé. Ceux qui ont de la mémoire peuvent désormais être considérés comme des résistants. C'était il y a un an, en février 2006: dans un meeting à Lyon, Nicolas Sarkozy s'est moqué de La princesse de Clèves. Rappelons la phrase du futur président des Français: «L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle!» De nombreuses chroniques se sont déjà moquées de ce dérapage méprisant, comme de la «bravitude» créée par Ségolène Royal. En matière de bévues francophobes, les deux candidats sont à égalité. Si je reviens sur celle de Sarkozy, c'est qu'elle me semble trahir une opinion communément admise: la plupart des gens «normaux» n'en ont rien à foutre de La princesse de Clèves; quant aux «importants», ils ont mieux à faire que d'étudier de vieux grimoires du patrimoine national. En quoi La princesse de Clèves (1678) peut-elle nous aider à réformer l'économie de notre pays? Que peut Mme de La Fayette pour résorber le chômage des jeunes et le déficit des comptes sociaux? Bref, quelqu'un peut-il me dire à quoi sert cette romance d'une aristocrate éplorée? 

C'est simple, il suffit d'avoir une heure de libre. Asseyez-vous, Monsieur le ministre de l'Intérieur. Il y a de nombreux fauteuils place Beauvau. Ouvrez le roman fondateur de la littérature française. Inutile de rechercher une vieille édition reliée en cuir: le petit Librio à 2 euros est nettement plus maniable, et moins intimidant. La première phrase a tout d'une caresse: «La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.» On souhaite à tout futur chef de l'Etat français d'inspirer d'aussi beaux débuts chez les romancières du futur. La langue la plus parfaite, la plus précise, décrit ensuite une femme très belle et très triste, qui tombe amoureuse d'un autre homme que son mari, refuse de lui parler pendant vingt-deux pages, avoue sa souffrance à son époux, se retire de la cour sans avoir fauté, se sacrifie pour garder son honneur. Le mari, persuadé d'être cocu, meurt de chagrin, et la princesse lui restera fidèle même après sa mort. C'est un grand roman sur l'amour impossible, sur le désir et la vertu, un livre incroyablement ciselé, d'une acuité psychologique indépassable, une prose d'une absolue et éternelle finesse. L'allergie du candidat de la droite aurait-elle un lien avec le pitch du roman? Il aurait tort. La princesse de Clèves montre un mari malheureux qui n'est jamais ridicule. La princesse de Clèves est d'une lecture urgente. Lire ce livre rend patriote! Seul notre pays rigoureux et passionné pouvait accoucher d'un tel chef-d'œuvre. Entendre cette langue, c'est entendre la musique de l'intelligence: «Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon; je vous admire, j'ai honte de vous admirer.» La solution à tous les problèmes de la France n'est pas dans les programmes électoraux mais dans ce petit roman. Parce que la seule chance de survie de la France au XXIe siècle, c'est sa beauté. 

Frédéric Beigbeder
(Lire, mars 2007)
</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/p/r/princejean/20070311-172262737745f3f32965c36.jpg" width="615" height="418" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<br />
A quoi sert la princesse de Clèves?<br />
<br />
C'était il y a un an, autant dire un siècle dans l'ère du vite et du vide. La maladie qui décrit le mieux notre époque, métaphoriquement, c'est celle d'Alzheimer. Nous sommes programmés pour oublier notre passé. Ceux qui ont de la mémoire peuvent désormais être considérés comme des résistants. C'était il y a un an, en février 2006: dans un meeting à Lyon, Nicolas Sarkozy s'est moqué de La princesse de Clèves. Rappelons la phrase du futur président des Français: «L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle!» De nombreuses chroniques se sont déjà moquées de ce dérapage méprisant, comme de la «bravitude» créée par Ségolène Royal. En matière de bévues francophobes, les deux candidats sont à égalité. Si je reviens sur celle de Sarkozy, c'est qu'elle me semble trahir une opinion communément admise: la plupart des gens «normaux» n'en ont rien à foutre de La princesse de Clèves; quant aux «importants», ils ont mieux à faire que d'étudier de vieux grimoires du patrimoine national. En quoi La princesse de Clèves (1678) peut-elle nous aider à réformer l'économie de notre pays? Que peut Mme de La Fayette pour résorber le chômage des jeunes et le déficit des comptes sociaux? Bref, quelqu'un peut-il me dire à quoi sert cette romance d'une aristocrate éplorée? <br />
<br />
C'est simple, il suffit d'avoir une heure de libre. Asseyez-vous, Monsieur le ministre de l'Intérieur. Il y a de nombreux fauteuils place Beauvau. Ouvrez le roman fondateur de la littérature française. Inutile de rechercher une vieille édition reliée en cuir: le petit Librio à 2 euros est nettement plus maniable, et moins intimidant. La première phrase a tout d'une caresse: «La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.» On souhaite à tout futur chef de l'Etat français d'inspirer d'aussi beaux débuts chez les romancières du futur. La langue la plus parfaite, la plus précise, décrit ensuite une femme très belle et très triste, qui tombe amoureuse d'un autre homme que son mari, refuse de lui parler pendant vingt-deux pages, avoue sa souffrance à son époux, se retire de la cour sans avoir fauté, se sacrifie pour garder son honneur. Le mari, persuadé d'être cocu, meurt de chagrin, et la princesse lui restera fidèle même après sa mort. C'est un grand roman sur l'amour impossible, sur le désir et la vertu, un livre incroyablement ciselé, d'une acuité psychologique indépassable, une prose d'une absolue et éternelle finesse. L'allergie du candidat de la droite aurait-elle un lien avec le pitch du roman? Il aurait tort. La princesse de Clèves montre un mari malheureux qui n'est jamais ridicule. La princesse de Clèves est d'une lecture urgente. Lire ce livre rend patriote! Seul notre pays rigoureux et passionné pouvait accoucher d'un tel chef-d'œuvre. Entendre cette langue, c'est entendre la musique de l'intelligence: «Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon; je vous admire, j'ai honte de vous admirer.» La solution à tous les problèmes de la France n'est pas dans les programmes électoraux mais dans ce petit roman. Parce que la seule chance de survie de la France au XXIe siècle, c'est sa beauté. <br />
<br />
Frédéric Beigbeder<br />
(Lire, mars 2007)<br />
]]></content:encoded><link>http://blog.princejean.gayattitude.com/20070311131902/sarkozy-se-moque-de-la-princesse-de-cleves-beigbeder-repond/</link><dc:creator>PrinceJean</dc:creator><dc:date>2007-03-11T13:19:02+01:00</dc:date></item></rdf:RDF>